Société d’intérim frauduleuse : une fraude sociale patronale massive

Société d’intérim bidon, fraude réelle.

Près de neuf millions d’euros détournés sur le dos de 2 000 salariés dans l’Oise via une société d’intérim. Une fraude lourde qui a duré au moins de juillet 2024 à mars 2025.

Cette fraude n’a pas été découverte par un contrôle musclé, non. Elle a surgi par hasard, quand des salariés ont demandé des prestations à la CAF. Réponse : aucune déclaration. Ils sortent leurs fiches de paie ? Bidons. Du décor administratif. Du faux salaire pour de vrais travailleurs.

La boîte d’intérim sévissait dans des secteurs en tension comme l’hôtellerie et le bâtiment, en jurant aux employeurs qu’elle gérait salaires et paperasse. En réalité : pas de cotisations sociales, pas de déclarations, pas de droits. Ni retraite, ni Sécu, ni chômage. En revanche, l’argent, lui, ne restait pas coincé : investissements immobiliers au Maroc, en Thaïlande. Les « gérants », bien installés à Beauvais, avaient des complices jusque dans le Var. L’enquête continue. Et certaines entreprises clientes étaient au courant de la combine. Mais tant que la main-d’œuvre pas chère faisait tourner la boutique, elles ne voyaient rien à redire.

Une sale habitude patronale

Le fantasme patronal à l’état brut : ramener le « coût du travail » à zéro. Zéro cotisations, zéro protection, zéro responsabilité. Le salarié sert, se tait et disparaît des comptes. Et si un accident avait eu lieu ? On aurait découvert un intérimaire « qu’on ne connaissait pas ».

Ce dossier n’a rien d’un accident. Il s’inscrit dans un système où de nombreux patrons déploient un génie remarquable pour fuir leurs devoirs, pendant que l’opinion est gavée de discours sur « l’assistanat ». A qui appartiennent ces médias ? A de grands fortunes bien sûr ! Ces gens aiment les chiffres, parlons en. Le Haut conseil du financement de la protection sociale (HCFiPS) l’indique dans un rapport récent : la fraude au RSA, c’est 1,5 milliard d’euros. Mais le non-recours dépasse 3 milliards, des gens qui pourraient toucher et ne demandent rien. À côté de ça, la fraude sociale des entreprises grimpe à près de 7 milliards par an. Et la fraude fiscale, l’évasion organisée, dépasse les 100 milliards d’euros chaque année. C’est une prédation à grande échelle.

Les profiteurs du système

Même quand ça vient de l’intérieur du système, silence radio. Quand Éric Lombard, ancien ministre de l’Économie, reconnaît que des milliers de ménages parmi les plus riches échappent à l’impôt, personne ne s’étrangle. Quand le sénateur Fabien Gay pointe plus de 211 milliards d’euros d’aides publiques aux entreprises, souvent sans contreparties, y compris vers des groupes bénéficiaires qui licencient, l’émotion reste modérée. Mais pour surveiller le RSA, là, l’excès de zèle est de mise.

La taxe Zucman ? 2 % sur les ultra-riches. Une révolution ? Non. Un symbole. Pourtant centre, droite et extrême droite ont fait bloc pour l’enterrer. L’union nationale existe, manifestement, quand il s’agit de protéger le sommet.

Pendant ce temps, les gouvernements demandent aux salariés de faire des efforts, de travailler plus longtemps, d’accepter les reculs sociaux. Les vrais assistés ne font pas la queue aux guichets : ils sont reçus sous les ors de la République, petits fours à la main, Figaro sous le bras, pendant qu’ils expliquent au pays qu’il faut être raisonnable.

L’histoire, elle, n’est pas raisonnable. Elle est têtue. Les grandes colères françaises sont nées d’une chose simple : l’injustice fiscale. Les privilèges ont déjà sauté une fois. À force de nous faire les poches pour remplir les leurs, il ne faudra pas s’étonner que l’addition finisse par leur être présentée.


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