Podcast CGT Intérim : les intérimaires de la construction face aux enjeux de sécurité, de formation et de droits
Le premier épisode des Podcasts de l’Intérim est en ligne. Pour ce lancement, la CGT Intérim consacre son émission aux intérimaires de la construction, un secteur qui emploie massivement des travailleuses et travailleurs temporaires, souvent exposés à des conditions de travail difficiles.
L’objectif de ce podcast est clair : mieux armer les travailleurs intérimaires, leur donner des repères sur leurs droits, et mettre en lumière les réalités vécues sur les chantiers.
Dans cet épisode, plusieurs voix se croisent : Laetitia Gomez, secrétaire générale de la CGT Intérim, Raphaël Louvet, intérimaire dans la construction, ainsi qu’un représentant de la Fédération CGT de la Construction. Ensemble, ils reviennent sur le fonctionnement de l’intérim, les responsabilités des entreprises, la formation, la sécurité, les accidents du travail et la nécessité de ne pas laisser les intérimaires isolés.
À retenir dans cet épisode sur les intérimaires de la construction
Ce premier épisode des Podcasts de l’Intérim aborde les principaux enjeux rencontrés par les intérimaires dans la construction : droits au travail, sécurité sur les chantiers, formation professionnelle, accueil sécurité, équipements de protection individuelle, accidents du travail et responsabilités des entreprises utilisatrices.
- L’entreprise utilisatrice est responsable des conditions de santé et de sécurité du salarié intérimaire sur le lieu de mission.
- Un intérimaire doit être formé, informé et équipé avant d’être exposé à des risques sur un chantier.
- Les équipements de protection individuelle, la carte BTP et les autorisations de conduite font partie des obligations à respecter dans le BTP.
- La précarité ne doit jamais empêcher un travailleur de refuser une situation dangereuse ou une tâche pour laquelle il n’est pas habilité.
- Les accidents du travail doivent être déclarés et ne doivent pas être invisibilisés dans les indicateurs des entreprises.
- La solidarité entre salariés permanents et intérimaires est essentielle pour faire respecter les droits sur les chantiers.
Comprendre le fonctionnement de l’intérim dans la construction
L’intérim repose sur une relation particulière entre trois acteurs : l’agence de travail temporaire, l’entreprise utilisatrice et le salarié intérimaire.
L’agence d’intérim est l’employeur du salarié intérimaire. L’entreprise utilisatrice, elle, accueille l’intérimaire sur le chantier ou dans l’entreprise. Mais même si aucun contrat de travail direct ne lie l’intérimaire à l’entreprise utilisatrice, cette dernière reste responsable des conditions de santé et de sécurité au travail sur le lieu de mission.
Cette réalité est essentielle : un intérimaire ne doit jamais être considéré comme une main-d’œuvre extérieure que l’on peut exposer sans responsabilité. Sur un chantier, il doit être accueilli, informé, formé et protégé comme tout autre travailleur.
Accueil sécurité, EPI, carte BTP : des droits qui doivent être respectés
Le podcast revient notamment sur les conditions d’accueil des intérimaires dans la construction. Dans certains grands groupes, des procédures existent : accueil sécurité, visite du chantier, remise des équipements de protection individuelle, livret d’accueil, présentation des consignes.
Mais sur le terrain, ces pratiques ne sont pas toujours appliquées avec la même rigueur. Dans certaines structures, notamment les plus petites, les intérimaires peuvent arriver sur un chantier sans accueil suffisant, sans explication claire du poste, ou sans accompagnement réel.
Pourtant, les règles existent. La sécurité au travail n’est pas une option. Les équipements de protection individuelle, les autorisations de conduite, la carte BTP et les consignes de sécurité doivent être respectés.
Être intérimaire ne doit jamais signifier être moins protégé, moins formé ou moins respecté.
Formation des intérimaires : un enjeu central pour la sécurité
Dans la construction, les métiers sont techniques, les environnements de travail peuvent être dangereux, et les risques sont nombreux : machines, engins, travail en hauteur, port de charges, circulation sur chantier, intempéries, coactivité.
La formation est donc un enjeu majeur. Or, l’épisode met en évidence une difficulté récurrente : les intérimaires ne sont pas toujours formés en fonction de leur parcours, de leur sécurité ou de leur évolution professionnelle. Trop souvent, la formation dépend des besoins immédiats des agences ou des entreprises utilisatrices.
Le podcast rappelle également que certaines formations réglementaires nécessaires au poste de travail doivent être prises en charge par l’employeur. Ce n’est pas au salarié de payer une formation indispensable à l’exercice de sa mission.
La formation ne doit pas être pensée uniquement comme une réponse ponctuelle à un besoin de main-d’œuvre. Elle doit être un droit effectif, au service de la sécurité, de la qualification et de la dignité des travailleurs intérimaires.
Quand la précarité empêche de dire non au danger
L’un des points forts de cet épisode concerne la pression que peuvent subir les intérimaires lorsqu’ils se retrouvent face à une situation dangereuse.
Sur le papier, un salarié peut refuser une tâche pour laquelle il n’est pas formé, pas habilité ou pas équipé. Mais dans la réalité, un intérimaire peut craindre la fin de mission, la perte de revenus, ou le fait de ne plus être rappelé par l’agence.
Cette précarité pèse lourd. Elle peut pousser certains travailleurs à accepter des tâches qui ne correspondent pas à leur contrat, à utiliser une machine sans autorisation adaptée, ou à intervenir dans des conditions qu’ils savent risquées.
La CGT Intérim le rappelle : aucun travailleur ne doit être mis en danger pour tenir un planning, satisfaire un donneur d’ordre ou préserver des indicateurs d’entreprise.
Accidents du travail : ne pas invisibiliser les intérimaires
L’épisode aborde aussi la question des accidents du travail, de leur déclaration et de leur visibilité. C’est un sujet majeur pour les intérimaires de la construction.
Quand un accident survient sur un chantier, il ne doit jamais être minimisé. Un accident du travail n’est pas un incident administratif. Derrière chaque blessure, chaque chute, chaque mise en danger, il y a un travailleur, une famille, une vie.
Les intérimaires sont parfois rendus invisibles dans les indicateurs des entreprises utilisatrices. Pourtant, lorsqu’un intérimaire se blesse, c’est bien sur le lieu de mission, dans les conditions de travail imposées par l’entreprise utilisatrice, que l’accident se produit.
La sous-déclaration des accidents, la pression à ne pas signaler certains faits, ou la dilution des responsabilités entre agence d’intérim et entreprise utilisatrice sont des réalités qu’il faut combattre.
La solidarité entre salariés permanents et intérimaires est indispensable
Le podcast met aussi en avant un point essentiel : les intérimaires ne doivent pas être isolés du collectif de travail.
Sur un chantier, la solidarité entre salariés permanents et intérimaires peut changer la donne. Lorsqu’un intérimaire est intégré à l’équipe, soutenu par ses collègues et défendu collectivement, il est moins seul face aux pressions, aux consignes dangereuses ou aux injustices.
La CGT Intérim défend cette logique de solidarité. Les droits des intérimaires ne sont pas des droits à part. Ils font partie du combat global pour de meilleures conditions de travail, pour la sécurité, pour la reconnaissance des qualifications et pour le respect de chaque travailleur.
Questions fréquentes sur les intérimaires dans la construction
Quels sont les droits d’un intérimaire dans la construction ?
Un intérimaire dans la construction a droit à des conditions de travail sûres, à un accueil adapté, à des équipements de protection individuelle, à une information claire sur sa mission et à une formation lorsque le poste ou les risques l’exigent.
Qui est responsable de la sécurité d’un intérimaire sur un chantier ?
L’agence de travail temporaire est l’employeur du salarié intérimaire. Cependant, l’entreprise utilisatrice est responsable des conditions de santé et de sécurité au travail sur le chantier où se déroule la mission.
Un intérimaire peut-il refuser une tâche dangereuse ?
Un intérimaire ne doit pas être contraint d’effectuer une tâche pour laquelle il n’est pas formé, pas habilité ou pas correctement équipé. En cas de danger grave, de consigne inadaptée ou de mission ne correspondant pas au contrat, il est important de demander conseil et de ne pas rester isolé.
Les formations obligatoires doivent-elles être payées par le salarié intérimaire ?
Les formations nécessaires à l’exercice d’une mission ou imposées par la réglementation doivent être prises en charge par l’employeur. Elles ne doivent pas être supportées financièrement par le salarié intérimaire lorsqu’elles sont indispensables à son travail.
Que faire en cas d’accident du travail en intérim ?
Un accident du travail doit être signalé et déclaré. L’intérimaire concerné ne doit pas rester seul face à l’agence ou à l’entreprise utilisatrice. La CGT Intérim peut accompagner les salariés intérimaires dans leurs démarches et dans la défense de leurs droits.
Écouter le premier épisode des Podcasts de l’Intérim
Ce premier épisode consacré aux intérimaires de la construction permet de mettre des mots sur des situations vécues chaque jour dans le BTP : manque de formation, accueil insuffisant, tâches mal définies, risques professionnels, pression économique, accidents du travail, mais aussi entraide et organisation collective.
Regarder l’épisode complet sur YouTube :
https://www.youtube.com/watch?v=YtlHHIaVltQ
À travers ce podcast, la CGT Intérim poursuit un objectif simple : informer les travailleurs intérimaires, rappeler leurs droits et leur donner les moyens de ne pas rester seuls face aux difficultés rencontrées dans leurs missions.
Vous êtes intérimaire ou permanent·e ? Ne restez pas isolé·e. La CGT Intérim vous accompagne et défend vos droits au quotidien.
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