Intelligence artificielle et intérim : la CGT alerte

L’intelligence artificielle est présentée comme une révolution dans le monde du travail. Mais dans le secteur de l’intérim, cette révolution bénéficie-t-elle réellement aux salarié·es, aux permanent·es et aux intérimaires ?

Depuis plusieurs années, les salarié·es des entreprises de travail temporaire demandent des outils plus simples, plus efficaces et mieux adaptés à leurs besoins. Ces outils devraient permettre d’améliorer les conditions de travail, de faciliter le suivi des dossiers et de renforcer l’accompagnement des intérimaires.

Pourtant, la transformation numérique actuellement mise en œuvre dans certaines entreprises semble poursuivre un autre objectif : réduire les coûts, fermer des agences et remplacer progressivement les échanges humains par des plateformes, des applications et des systèmes automatisés.

Vidéo : l’intelligence artificielle dans le secteur de l’intérim

Dans cette vidéo, la CGT Intérim alerte sur les risques liés à une digitalisation guidée par la réduction des coûts : fermeture d’agences, disparition du contact humain, dégradation des conditions de travail et suppression d’emplois.

Intelligence artificielle dans l’intérim : une transformation qui interroge

Les inscriptions en agence sont de plus en plus souvent remplacées par des démarches exclusivement en ligne. Les intérimaires doivent transmettre leurs documents, rechercher des missions, signer leurs contrats ou signaler leurs disponibilités depuis une application.

Cette digitalisation peut simplifier certaines formalités. Elle peut également devenir une source de difficultés lorsqu’elle supprime toute possibilité d’échanger directement avec une personne.

Une application ne peut pas toujours comprendre une situation personnelle, expliquer un refus, répondre à une urgence ou accompagner un·e salarié·e confronté·e à un problème de contrat, de rémunération, de sécurité ou de conditions de travail.

Le métier des permanent·es ne se limite pas à la gestion de dossiers

Dans les entreprises de travail temporaire, le travail des permanent·es repose avant tout sur des compétences humaines et professionnelles.

Leur métier consiste notamment à :

  • accueillir et écouter les intérimaires ;
  • comprendre leurs compétences et leurs contraintes ;
  • rechercher des missions adaptées ;
  • conseiller les entreprises utilisatrices ;
  • assurer le suivi des contrats et des parcours professionnels ;
  • intervenir lorsqu’une difficulté survient pendant une mission.

Réduire cette activité à une succession de tâches administratives automatisables revient à ignorer la réalité du travail effectué dans les agences.

Lorsque les effectifs diminuent et que les outils numériques remplacent les échanges directs, les permanent·es peuvent se retrouver avec davantage de dossiers à traiter, moins de temps pour accompagner les salarié·es et une charge de travail toujours plus importante.

La technologie doit améliorer les conditions de travail

La CGT Intérim n’est pas opposée aux outils numériques ni à l’intelligence artificielle. Lorsqu’ils sont correctement conçus et utilisés, ces outils peuvent faciliter certaines tâches répétitives, réduire les erreurs et libérer du temps pour les missions qui nécessitent une véritable expertise humaine.

Mais la technologie doit rester un outil au service des salarié·es.

Elle ne doit pas devenir un prétexte pour :

  • supprimer des emplois dans les agences d’intérim ;
  • fermer des lieux d’accueil de proximité ;
  • augmenter la charge de travail des permanent·es ;
  • éloigner les intérimaires de leurs interlocuteurs ;
  • automatiser des décisions qui ont des conséquences sur l’emploi ;
  • dégrader la qualité du recrutement et de l’accompagnement.

Des décisions automatisées qui doivent rester transparentes

L’utilisation de logiciels et d’algorithmes dans le recrutement pose également la question de la transparence.

Comment les candidatures sont-elles classées ? Quels critères sont utilisés pour proposer une mission ? Pourquoi certains profils sont-ils écartés ? Qui peut vérifier ou contester une décision prise automatiquement ?

Les salarié·es doivent pouvoir comprendre les décisions qui les concernent. Une candidature ne doit pas être rejetée sans explication par un système automatisé. Les outils utilisés par les entreprises doivent être contrôlés, transparents et exempts de discriminations.

Défendre l’emploi et l’accompagnement humain dans les agences

Pour la CGT Intérim, l’avenir du travail temporaire ne peut pas reposer sur la disparition progressive des agences et des métiers de l’accompagnement.

Les intérimaires ont besoin de personnes capables de les écouter, de les informer et de défendre leurs droits. Les permanent·es doivent disposer d’effectifs suffisants, d’outils adaptés et de conditions de travail leur permettant d’exercer correctement leur métier.

La modernisation du secteur doit être discutée avec les salarié·es et leurs représentant·es. Elle doit répondre aux besoins du travail réel, et non à une simple logique de réduction des coûts.

La technologie peut être un outil. Elle ne doit jamais devenir un prétexte pour supprimer des emplois, dégrader les conditions de travail ou éloigner les intérimaires des personnes qui les accompagnent.

La CGT refuse de laisser disparaître des métiers essentiels

Écouter, recruter, conseiller et accompagner sont des missions essentielles. Elles ne peuvent pas être entièrement remplacées par une application ou une intelligence artificielle.

La CGT Intérim continuera d’agir pour défendre les emplois, les qualifications, les conditions de travail et la présence humaine au sein des entreprises de travail temporaire.

Vous travaillez dans une agence d’intérim ou vous réalisez des missions en tant qu’intérimaire ? Partagez votre expérience avec la CGT. Vos témoignages permettent de documenter les conséquences concrètes de la digitalisation et de construire des revendications collectives.


L’essentiel à retenir

Quel est le problème soulevé par la CGT Intérim ?
La CGT Intérim alerte sur une utilisation de l’intelligence artificielle et des outils numériques principalement destinée à réduire les coûts, fermer des agences ou diminuer les effectifs.

La CGT est-elle opposée à l’intelligence artificielle ?
Non. La CGT considère que l’intelligence artificielle peut être utile lorsqu’elle améliore réellement les conditions de travail et reste sous le contrôle des salarié·es.

Pourquoi l’accompagnement humain reste-t-il indispensable ?
Les permanent·es des agences écoutent, recrutent, conseillent et accompagnent les intérimaires. Ils et elles interviennent également en cas de difficulté pendant une mission. Ces fonctions ne peuvent pas être entièrement automatisées.

Quels risques présente une digitalisation sans contrôle ?
Une digitalisation imposée peut entraîner des suppressions d’emplois, une augmentation de la charge de travail, la fermeture d’agences, des décisions automatisées difficiles à contester et un éloignement des intérimaires de leurs interlocuteurs.

Que revendique la CGT Intérim ?
La CGT Intérim revendique des outils transparents, des effectifs suffisants, le maintien d’un accueil humain et l’association des salarié·es et de leurs représentant·es à toute transformation numérique.


Vous êtes intérimaire ou permanent·e ? Ne restez pas isolé·e. La CGT Intérim vous accompagne, vous informe et défend vos droits au quotidien.

Consultez les autres actualités et communiqués de la CGT Intérim

Adhérez à la CGT Intérim

Intelligence artificielle et accompagnement humain dans le secteur de l’intérim