Communiqué de presse n°12

deuil cgt

UN SALARIÉ INTÉRIMAIRE D’ADECCO EN MISSION CHEZ FRAMATOME DÉCÈDE DU COVID-19

C’est avec une profonde tristesse que la CGT INTÉRIM et les syndicats CGT Adecco et Manpower ont appris le décès de notre collègue, Franck, salarié intérimaire d’Adecco en mission sur le site Framatome de Romans-sur-Isére. Nos pensées sincères vont vers sa famille, et nous nous associons à la peine de ses proches et de ses collègues CDI et intérimaires.

Produire, quel qu’en soit le prix
La CGT INTÉRIM dénonce, depuis plusieurs semaines, les risques mortels que font prendre les directions d’entreprises utilisatrices et celles des entreprises de travail temporaire à leurs salarié-e-s, en s’obstinant à poursuivre leurs activités à n’importe quel prix, malgré les mesures de confinement et les ravages de l’épidémie. Ces directions aux ordres des actionnaires, sont responsables et ne peuvent plus se réfugier derrière la méconnaissance de ce virus meurtrier. En six semaines, on dénombre plus de 100 000 cas graves de contamination et plus de 20 000 décès en France dus au Covid-19.

 

Pour les patrons et les actionnaires, la vie d’une ou d’un travailleur ne compte pas !
Ce bilan catastrophique interpellerait n’importe quelle personne ayant un brin d’humanité! Mais la vie d’un salarié de 53 ans, père de famille, un intérimaire qui n’a d’autre choix que de poursuivre sa mission pour nourrir ses enfants, est peu de chose face à la continuité de la production, à la recherche des profits et au versement des sacro-saints dividendes. Le principal « geste barrière » aurait été de stopper la production chez Framatome et de réfléchir à la mise en place de mesures sérieuses pour éviter toute épidémie sur ce site, mais pour le directeur « sécurité » de l’entreprise, la priorité était de maintenir la production, pas de préserver la santé des salarié-e-s !

CHez Framatome, la production se poursuit en même temps que la propagation du virus
Le 26 mars, un premier salarié est testé positif chez Framatome dans l’unité où travaille Franck. Quelques jours plus tard, un autre salarié est contaminé.
Le 5 avril, Franck n’est pas en forme, mais il décide de retourner au travail le lendemain.
A-t-il le choix quand il sait qu’il risque de ne pas être rappelé pour une autre mission s’il tombe malade ?
Le 9 avril, la maladie l’oblige à s’arrêter. Il passe un test le lendemain, trop tard, qui se révèlera positif et décède une semaine plus tard. Ses cinq collègues qui travaillent avec lui seront, eux aussi contaminés et testés positifs.
Depuis, une cinquantaine de salariés ont été testés.
La direction refuse de communiquer sur le sujet, nous ne pouvons donc pas dire avec certitude que d’autres cas se sont révélés positifs, mais ce ne serait pas surprenant, au vu de la virulence du Covid-19.

Cette propagation du Covid-19 aurait dû être évitée
Framatome, fleuron de l’industrie nucléaire, devrait être pourtant rompu aux pratiques de prévention des risques sanitaires.
Pourtant, l’entreprise a trop tardé pour mettre en place les protocoles indispensables pour préserver les salarié-e-s des risques de contamination. Les soi-disant « gestes barrières » de la direction paraissent bien dérisoires face aux mesures réelles de distanciation sociale, de port d’EPI adapté au Covid-19 et de désinfection des locaux, des vestiaires et du matériel, préconisées par les scientifiques et les services de l’inspection du Travail.

Un déclenchement de Danger Grave et Imminent (DGI) a été consigné sur le registre prévu à cet effet et deux droits d’alerte ont été déposés par les élus du CSE de Framatome Romans.
Ils mettent en évidence l’insuffisance des mesures mises en place dans les conditions de travail actuelles.
Le premier droit d’alerte a été refusé par la direction, sous le prétexte, étonnant pour un site nucléaire, que l’usine de Romans-sur-Isère est classée sensible. Raison de plus, pour la CGT INTÉRIM, de prendre en toute urgence toutes les mesures nécessaires pour sauvegarder la santé des salarié-e-s qu’ils soient intérimaires ou CDI.

La CGT INTÉRIM dénonce la responsabilité criminelle de la direction de Framatome qui, malgré les alertes nombreuses de la CGT, n’a pas voulu prendre les mesures de prévention indispensables pour éviter un tel drame.

La CGT INTÉRIM exige des sociétés Adecco et Manpower, responsables elles aussi, des dangers graves qu’elles font courir à leurs salarié-e-s intérimaires en les délégant chez des clients à risques qui ne respectent pas les mesures élémentaires pour préserver leur santé, qu’elles cessent immédiatement leur collaboration avec Framatone, et qu’elles prennent toutes les dispositions afin que ceux-ci continuent à être payés à 100 %, tant que les conditions de travail présenteront des dangers graves de contamination au Covid-19 et un risque mortel dans cette entreprise.